lundi 21 janvier 2013

Bibliothèques #1 (Jean-Bertrand Pontalis)

Jouissant de beaucoup de temps libre depuis mon infarctus, j'essaie pour la énième fois de ranger nos bibliothèques. Je sais que je n'y parviendrai pas. J'ai déjà écrit que les bibliothèques sont plus fortes que nous. Mais c'est l'occasion de retrouver des livres et de créer ici une nouvelle catégorie. 

Jean-Bertrand Pontalis vient de mourir et Un homme disparaît passe par mes mains. Sur la première de couverture de cette édition de poche, un Giacometti, Homme qui marche 1. J'aime le lien de la marche et de la disparition. Quand on vide la fatigue et que toute pensée se délite.

J'ai acheté ce petit livre qu'il me faudrait relire le 28 décembre 1998 avant d'aller dîner chez mon ami de bientôt quarante ans. Page 75, j'ai relevé cette phrase : " Faut-il plusieurs vies pour qu'il y en ait une qui soit pleine ? "
 
Je retourne à ladite page et je m'étonne de n'avoir pas noté les phrases précédentes : " Tandis qu'il parle, Julien se demande ce que c'est qu'une vie. Peut-être est-ce seulement quand on la raconte qu'elle prend un sens, acquiert son unité ? "
 
De la nécessité du récit pour donner du sens, oui, mais aussi pour favoriser l'appropriation puis le partage. Un thème cher aux psychanalystes et que l'on retrouve aussi sous la plume de certains plumitifs, nommé alors story telling...
 
Restons-en, résolument, farouchement, à la fragile sensibilité de Pontalis, cet éveilleur parmi les éveilleurs.