mardi 31 janvier 2012

Battre le corps #3

La maison dit ton absence
Une pomme verte change de peau sur la table
Un reste de lait fige au fond du bol
Tes lèvres closes
La porte du jardin bat
Dans la lumière silencieuse
J'allonge ma fatigue d'un peu de vin
Je regarde mes yeux courir
Sur la page d'un livre
Les mots comme le lait
Incapables de s'ouvrir


La nuit s'est blottie
Dans les yeux du chat
Qui cherche tes insomnies
Tes mains perdues
Qui ne contiennent plus ton visage
Le silence est soudain trop vide
Sans le petit peuple de tes signes
Adressés aux murs et au plafond
Un long vagissement
Mais sorti de quelle gorge
Frissonne


Quel visage prend ta mémoire
Quand tes pas sont fermés
Autour du lit
Et que tu dois manger le pain
Comment creusent les mots du père et de la mère
Sur ta peau qu'ils ont tuée


Un cri parfois
D'une vieille qui n'a plus sa tête
La nuit tranchée au scalpel
Tu la sens dans ton sang
Qu'un rêve commençait à pourrir
Tu rejettes les draps trop mouillés
Ton cœur est déjà debout dans le couloir
Haché par le cri qui suivra le cri
Le dernier peut-être et ce sera la fin
Ton corps retourne au creux du lit
Tout bleu dans le froid que tu attends