lundi 10 juin 2013

Paris, place Saint-Sulpice, huit juin à midi

Après un voyage en avion, en autocar et en métro, mes pieds ont su me conduire au marché de la poésie, léger comme l'air avec ma besace vide. Je suis allé directement au stand des éditions Derrière la salle de bain pour acheter le livre de photographies de Claude Rouyer mais l'ouvrage n'était pas disponible.Alors, je suis allé chez Cheyne car je voulais absolument le Passant l'été du jeune Pedini Jean-Baptiste. D'un même pas conquérant, me voilà ensuite chez Les Carnets du Dessert de Lune pour embarquer à mon bord Une maison vide dans l'estomac du moins jeune Francesco Pittau mais je le voulais aussi absolument. Puis, hop, j'arrive chez Bruno Doucey et j'acquiers Comme si dormir de l'encore jeune Laurence Bouvet.

Il fait déjà chaud et je rallie mon port d'attache sur le stand des éditions Le Nouvel Athanor où je suis chaleureusement accueilli par Jean-Luc Maxence et Danny-Marc, lesquels, comme moi, ne sont pas tout jeunes. Ma besace prend tout à coup du volume. L'énorme revue Les cahiers du sens, l'anthologie franco-québécoise qui ouvre le XXIème siècle avec 80 poètes, (offerte par la maison), Le silence des pierres de Matthieu Baumier et, des éditions Pippa, Un grand vent s'est levé de Danny-Marc. Mes exemplaires réservés de Battre le corps achèvent de faire prendre à ma besace un embonpoint dangereux.

Ayant dévoré un sauté de mouton et bu un seul verre de Bordeaux, je commence à signer. Je rencontre des gens, des copains, des amis :  Isabelle Lagny, Salah al Hamdani, Jean-Louis Massot, Vincent Motard-Avargues, Michel Host, Olivier Peyrebrune, Hélène Verdier, Bruno Doucey, Laurence Bouvet, Jean-Baptiste Pedini, Matthieu Baumier.

Je rencontre même une éditrice venue de Dordogne à qui j'adresse un signe de tête car on ne se cause pas alors qu'on n'est même pas fâchés.

Puis, alors que circuler dans le salon devient quasiment impossible, je rencontre une personne que je n'ai pas vue depuis quarante-cinq ans. Nous étions, lui et moi, bons potes au collège en Charente, à Aigre. Nous devisons et c'est émouvant de parler alors que toute cette durée s'est écoulée. Didier, je ne mets pas son nom car il occupe des fonctions assez importantes dans un ministère et qu'il ne le souhaite peut-être pas, m'a proposé un repas quand je reviendrai à Paris. Ce sera un plaisir.

Je ne sais pas à quoi sert la poésie. Je ne lui assigne aucune mission mais je suis heureux qu'elle m'ait permis ces rencontres, même brèves et décousues, voilà tout, rien d'autre.

Je vais lire tous ces livres sortis de ma besace et vous en ferai part, ici et peut-être ailleurs. Avec entrain car je sais rester jeune.