vendredi 10 janvier 2014

Le chien là-bas refuse de blanchir

Le chien là-bas refuse de blanchir. Voilà qui ferait un excellent titre pour un livre de poèmes. Ecrit par des enfants de dix à onze ans dans une école du centre-ville de Bordeaux (Paul-Bert) à partir de ma petite fabrique de poésie modulable.
Des grincheux, il n'en manque pas, objecteront que les enfants ont utilisé un matériau existant là où ils auraient pu créer eux-mêmes ce matériau, soit inventer leur propre petite fabrique de poésie modulable.

C'est pas faux.

N'empêche ! ils se sont emparés de ce dit matériau avec entrain, gourmandise, jubilation. Ils y ont ajouté leurs mots, leurs émotions, leurs angoisses troubles, leurs désirs cachés. Le résultat est souvent surprenant :

La galerie disloquée est en colère
au crépuscule effréné de la lumière
du bonheur. Quand les saisons 
grondent le Dimanche, et que les
fruits partent au galop, la sueur
lumineuse cueille des armoires vides.
Quels secrets morts partent à Paris ?
Quelles églises ont besoin de patience ?
L'épuisement de la fantaisie
annonce des averses vertes
quand la Grange déprimée
veut son festin.
Mais lorsque la clarté
des draps luit dans
le creux de l'église,
la direction de la margelle
blanche épuise la grange.  (Ferdinand)
*
un ennui réveillé
par la lumière déprimée
vert de sueur
part au galop
comme des lambeaux disloqués
fleurit de bonheur la direction
éblouit 
le crépuscule est là
patience
le festin lumineux
arrive
le secret des fruits
et l'armoire vide d'ennui  (Jules)
*
La patience est un souvenir qui blesse les lignes,
La mélancolie est troublée par la peau elle est floue,
Lire est un miroir de vertige. (Andreas)
*
La lumière endormie par la beauté de
la nuit.
C'est une escale au chatoyant
pays des rêves. (Elliot, Joah, Eliott)