mardi 28 juillet 2015

Le tour de France de Christophe Sanchez

En mai 1982, Julio Cortazàr et sa compagne Carol Dunlop voyagent de Paris à Marseille au volant d'un combi Volkswagen. Le couple s'arrête à chaque aire d'autoroute et écrit un récit à quatre mains, tissé de notations ordinaires et de vagabondages chimériques. Les autonautes de la cosmoroute paraît chez Gallimard six mois plus tard. 
Ce livre accompagne aujourd'hui Christophe Sanchez dans son tour de France des visages. Depuis le vingt-cinq juillet, il rend visite aux personnes rencontrées dans la blogosphère et sur les réseaux sociaux. Il découvre des gestes, des voix, des regards, fait le plein de mots et de silences. Il échange avec la latiniste Danielle Carlès, la poète Murièle Modély. A Bruges près de Bordeaux, Christine Saint-Geours l'invite à dîner avec Brigitte Giraud et votre serviteur. La table est excellente et le Haut-Médoc a pris les vieux reflets des vieilles vignes.
Christophe Sanchez parle avec émotion de la mort de Julio Cortàzar et de Carol Dunlop peu de temps après leur voyage. Il évoque aussi son enfance où il ravitaille sa mémoire, la vraie et la fausse, les deux embrassées. L'ombre de son père vigneron passe, légère et grave comme Bellérophon le chat de la maison.
Il dit aussi son souhait de publier enfin ailleurs que sur son blog fut-il.net. Il fera partie de la troisième livraison de la revue Métèque en septembre. 
Nous serons ses lecteurs attentifs et amicaux. L'écriture de Christophe Sanchez ne donne pas dans le tapage du tic et du toc. Elle connaît les bas bruits de la langue, ses replis, ses solitudes.
En attendant, le voyage continue. Saintes, Nantes, Orléans, Paris, Nancy, Mulhouse, Condrieu, Montélimar et Avignon font partie des étapes jusqu'au huit août. D'autres visages à rencontrer dans le partage de moments simples, d'autres histoires en résonance. La matière d'un livre comme une boucle ouverte sur la fragilité humaine, sans fatras ni tintouin. Dans le dépouillement du silence.