mardi 18 août 2015

Jacques Viallebesset, Ce qui est épars

Jacques Viallebesset  vient de rassembler Ce qui est épars pour les éditions Recours au poème. Résolument ancré dans la tradition du vers cadencé où fleurit la métaphore, ce recueil s'annonce comme une profession de foi en un monde meilleur. " Des hommes viendront aux épaules de charpente / Au cœur de froment et aux mains de farine / A la parole claire et tranchante d'un torrent ". Jacques Viallebesset garde en mémoire l'épouvante absolue de l'Holocauste quand " les trains gris poussaient des cris de violons brisés " et dénonce, dans le même sinistre sillage, le naufrage des migrants d'aujourd'hui, chassés par la guerre. L'espoir, cependant, demeure. Même s'il [n'a construit que des châteaux de sable], le poète, sous l'influence de la mystique maçonnique et des fumerolles de l'alchimie invente chaque jour l'avenir en écrivant. L'enfance, l'amour, le cosmos, la nature, la quête en sont le ciment prometteur.
" Regarde un monde de lumière couleur de miel
Avec des fleurs de froment coulant sous nos pieds
Et des rires d'enfance soulevant le poids du ciel
La lumière de vos sourires illumine mon souffle "

Voilà un quatrain qui dit bien l'univers de Jacques Viallebesset, contenant l'humain comme une moisson lumineuse entre terre et ciel, à la façon, peut-être d'un Jean Moréas qui aurait rencontré la quiète beauté chère à la comtesse de Noailles. La puissance du symbole, toujours. Jacques Viallebesset rêve ainsi de réunir dans le même souffle, la même offrande l'Orient et l'Occident. Lors d'une interview, paladin de nos temps fracassés, il a déclaré vouloir apprivoiser la Toison d'Or. Souhaitons qu'il y parvienne avec son verbe, afin que les charpentes humaines du futur soit saines et solides.