mardi 21 février 2017

Jean-Claude Pirotte sur mon chemin

plus grande est la solitude au passage des grands
oiseaux*
Leurs cris mêmes agrandissent le ciel
Rapetissent la sente où le corps s'étire
Et le silence tombe sur mes épaules
Immobile
Je ne peux rien saisir des ombres entre mes pas
Mon sang a pris le goût du fer dans ma bouche
Il est trop tard
Les draps de la nuit claquent déjà

*

on décèle sous le poème
les traits d'agonie de la terre
le filigrane obscur des rides
sous le grand vent des déserts*
Les mots sont des corps
Avec leur souffle et leur sang
Leur bile noire
On ne peut pas les saisir dans la marche
Sous l'humus qui perle
On demande au poème la permission du chant
Sa mélancolie d'oiseau

On attend que la fatigue ouvre ses portes

*

le paysage est-ce qu'il en vaut la peine ?
c'est juste une petite colline pelée
et elle n'a même pas de nom*
La marche peine parfois à être la marche
Le souffle manque aux chemins de traverse
Plus rien ne luit dans les embrasures
On chercherait vainement l'éclat d'une ramure
Le trille échappé de l'oiseau
On renonce aux remuements sombres de la langue
Qui transfigurent la mémoire des coteaux
Les visages mêmes n'ont plus de nom

*


à Angoulême où je suis roi
d'un coin de ruelle éphémère
le temps passe et ne passe pas*
Des marches anciennes se coulent dans ma marche
La ville avait des pâleurs de chicon
La pluie et le vent tordaient tous les visages
Mon ombre allait au jardin vert
Inventer des jeux d'otarie
Des babils de mousse dans les encoignures
Le temps planait bas sur mes quinze ans

Son bec luisait comme un couteau

*

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