samedi 25 mars 2017

Viagem a Porto, 15


Mercredi 15 mars, alors que je me rendais sur les rives du fleuve où il n’y avait pas de haleurs, une moto s’arrête près de moi à un feu rouge. Me fait signe. J’attends, intrigué. Et je reconnais Rui Paiva dès qu’il ôte son casque. Nous sommes contents de nous voir. Il va à son travail dans son école d’arts. Il me dit : « Mangeons ensemble vendredi midi avec Maria. »
Je réponds OK, glad to meet you again with Maria. Je suis ému. Je suis non seulement capable de voyager seul mais aussi de rencontrer des gens, de qualité, et de me rendre suffisamment intéressant à leurs yeux pour qu’ils m’invitent.
J’en doutais. C’est peut-être sot mais j’en doutais vraiment.
Le soir du même jour, j’ai mangé à la terrasse du bar où j’ai pris mes habitudes. Pourquoi celui-ci ? Et pas celui d’à côté non moins accueillant ? Mystère.
Mystère aussi que l’humain ait à ce point besoin d’habitude ! Faudrait interroger un philosophe sur le sujet.
Un jeune couple bien propret s’est aussi installé à la terrasse. Lui : un brun aux cheveux impeccablement coupés. Une chetron de trader en goguette. Elle : une blonde vaporeuse trop maigre, assez jolie mais maniérée. Sa façon de faire pisser le chien sur le petit bout d’herbe en face, sans regarder, surtout pas, ce que commet le toutou, m’a fait rigoler. Doit être chiante, la meuf !
Et en plus, ils ont garé la voiture juste devant, un modèle de gamme moyenne-supérieure et rutilant.
Bref, praça dos Poveiros, ce couple n’était pas vraiment inséré dans le décor.

Sinon, beaucoup marché en me rendant sur l’autre rive. Vila Nova de Gaia, avec ses chais tous les trois mètres, ses bus de touristes, ses étals de breloques et autres bimbeloteries, ses restaurants standardisés, m’a ennuyé. Heureusement, il y avait le téléphérique juste au-dessus de ma tête. J’ai souvent levé les yeux pour suivre les cabines, notamment quand elles se croisaient. Et le ciel était bleu comme si on l’avait ripoliné. Et j’en suis déjà aux deux tiers de mon séjour !

première image, clin de main à Bacon
deuxième image, jardim das Virtudes