dimanche 26 mars 2017

Viagem a Porto, 18

 Hier, visite de deux églises côte à côte, siamoises même. Igreja do Carmo. Igreja das Carmelitas. Toujours cette pesanteur baroque sans repos possible pour les yeux et la pensée. Un office dans chacune. J’observe discrètement. Une dame très âgée portant qui sait perruque argentée tient son public depuis la chaire. Ses litanies sont reprises en chœur par les fidèles. J’ai le sentiment de vivre dans un film de David Lynch. Presque peur.
Le soir, j’ai mangé pour la troisième ou quatrième fois, plutôt quatrième, dans le bar où j’ai pris mes habitudes. Froid sec. La terrasse est chauffée mais je demande au serveur une couverture pour mes jambes, c’est prévu. Derrière moi, des Espagnols. Je reconnais tout de suite les différences dans la langue.
A l’intérieur, plus une place de libre pour cause de match de foot. Le foot, cet universel dont je ne suis pas. Les Espagnols demandent si les Mexicains jouent mais je n’ai pas compris la réponse en portugais.
Trois musiciens percussionnistes, de quelque fanfare peut-être, en uniforme trop voyant, tambourinent fortissimo dans la rue et traversent la praça dos Poveiros.
Les chiens n’aboient pas.
J’essaie de passer ma commande en portugais :
Um prato de batadas fritas, um copo de vinho tinto.
Le serveur est content. Les gens apprécient quand on s’intéresse à leur langue et ils ont mille fois raison. Comme je compte revenir l’an prochain, je vais me pencher sur cet idiome qui chuinte.

Et j’ai commencé Les intermittences de la mort / As intermitencias da Morte de José Saramago. Un roman surprenant dans l’écriture. Quant au sujet, il peut faire penser à Marcel Aymé, l’audace stylistique en prime.