vendredi 27 février 2015

Un autre regard dans mon regard

Grâce à Vincent Motard-Avargues, j'écris un nouveau recueil. Il m'a demandé des textes et je les ai aussi continués pour une revue et je les continue là, à moins que ça ne soit eux qui me continuent. Evidemment, je ne mets pas les textes pour Vincent ni ceux pour la revue.

Je pressens un autre regard dans mon regard
Les toitures semblent plus claires
Les cheminées moins penchées
Un rai de lumière sinue entre les tuiles
Comme un tremblement impossible à couturer
Le paysage entier soudain lui appartient
Mon corps défait ce qui le rassemble
Quelle vérité trouver encore dans la veille
Si mes mots mêmes ne battent plus
*
Avoir parfois la tentation du beau
Accorder au rideau qui tremble
L'aloi de la mélancolie
Allumer une étoile dans le grisé du ciel
Qui dessinerait un chemin
Mais tousser soudain renifler hoqueter
Le corps est à l'étroit dans ces apprêts
Les mots sont empêchés
Les étoiles ici ne voient jamais le jour
Le rideau a bu le suint de vieilles graisses
Et pend comme un chiffon
Il fait froid jusque dans les yeux des oiseaux
*
On a connu d'autres fenêtres avec vue sur les toits
Sous des ciels d'étain ou de papier mâché
Je n'ai pas la tentation du souvenir
Mes mots ne sauraient pas y faire
Les traces sont perdues autant qu'elles sont gardées
Et le chemin continue dans les hasards
Où les oublis fécondent les mémoires
Rien de nouveau pour abreuver le poème
D'une fenêtre à l'autre les bordures n'ont plus de lignes
Les oiseaux plus de plis
Tenir comme on a toujours tenu
Improbable
Ma seule puissance