Demain soir donc, vendredi 18 septembre à 19 heures, je présenterai Les arbres écrivent aussi et La tentation des combles à la librairie Olympique. Un récit étoilé dit poétique et un roman qui n'est pas que romanesque. Alors je pense à une piscine, comme celle, olympique, où j'ai appris laborieusement à nager. Ma modératrice Maïalen Lafite, en maîtresse-nageuse aguerrie aux eaux troubles, saura me guider parmi les flux et reflux.
Seulement voilà, je nage déjà pour préparer, un peu tout de même, cette rencontre. Je souhaite évoquer ce que peuvent avoir de semblable l'écriture de poèmes et l'écriture de romans dès lors que l'on questionne l'apparition des mots et leurs agencements. En jouant sur l'enchaînement suivant : aperception > perception > émotion > sentiment > pensée. Et en gardant à l'esprit que l'ordre des maillons peut changer à tout moment. Une pensée, par exemple, si elle est prégnante comme un ventre, générera une aperception. Qui se transforme déjà en remous au fond de la piscine olympique...
Et je veux également aborder la question de l'humour dans mes textes. Il a tant de profondeurs qui conduisent parfois au burlesque. À ce propos, je précise qu'il y en a, certes faiblement dosé, dans Les arbres écrivent aussi. Alors, j'ai ressorti mon roman Les boîtes noires, publié en 1999. Je le dis sans barguigner, j'avais quasiment totalement oublié son contenu. Seuls quelques flashes restaient en moi. Ceux de la Mongolie notamment où l'un des personnages se métamorphose en renne. Et, comme c'est étonnant, ce pays chimérique si bien peint dans le film Urga apparaît sous les traits d'un nuage dans mon récit étoilé. Mais revenons-en au drôlatique. Le docteur Klamm de La tentation des combles est aussi loufoque que le docteur Bernicaud dans Les boîtes noires. Ah ! ces médecins et leurs coquecigrues ! Enfin, il y a les incipits que j'aime appeler, incorrigible malicieux, "inquipète", ça fait moins savant et ça dérouille les zygomatiques.
Alors, voilà, raccourci et fragmenté, l'inquipète de La tentation des combles :
" J'ai longtemps voulu vivre comme un homme normal et faire l'amour une fois par semaine. Aujourd'hui, après tant d'années à m'entêter pour atteindre mon objectif, je remercie Catherine d'être à mes côtés... La deuxième personne qui m'a sorti de l'ornière est une espèce de guérisseur, le docteur Klamm, qui recrute ses patients en affichant des petites annonces chez les commerçants."
Et terminons avec l'inquipète des Boîtes noires :
" J'ai perdu ma jambe gauche le jour des mes trente-cinq ans. Je n'ai ressenti aucune douleur... Ma jambe s'est détachée de mon corps comme la chair d'une cuisse de poulet se détache de l'os, avec un léger bruit de caoutchouc. Elle n'était plus qu'une baudruche de peau blanchâtre... et je l'ai regardée, à peine intrigué qu'une vermine inconnue ait pu la ronger aussi proprement."
Allez ! ceci dit, chères lectrices, chers lecteurs qui viendrez me regarder nager, n'oubliez pas palmes et tuba ; on ne sait jamais ce qui peut arriver quand une piscine déborde. Et que l'eau se change en vin.
Pour mémoire, La tentation des combles est publiée aux éditions Fables fertiles et Les arbres écrivent aussi (avec les images de Cédric Merland) ont paru à La 21ème saison.



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