dimanche 18 août 2013

Barcelona y yo, patatas bravs

A Barcelone, bien sûr, pour peu que l'art vous intéresse, vous rencontrerez les univers de Joan Miró, Antoni Tápies et Antonio Gaudí. Mais je préfère parler de la patata brava. Voilà un plat minuscule, (tapa), qui enchante les amateurs de la pomme de terre quand ils n'ont pas la frite. Découpée en morceaux inégaux et légèrement rôtie, elle s'accompagne d'une sauce à l'ail délectable dont l'âpreté est atténuée d'un léger filet de rouille. Je m'en suis régalé quelquefois en buvant du Bacardi-Cola sur la paisible rambla del Poblenou.
Le hasard n'étant jamais en reste dans le flux des voyages, un article de El Mundo du 14 août raconte avec gourmandise l'histoire de cette patate apparue dans les années soixante et aussitôt célèbre jusqu'à New York puisque le Wall Street Journal lui consacra quelques colonnes.
Mais comment faut-il au juste la déguster ? Quatre-vingt-dix pour cent des aficionados la consomment avec salsa secreta (rouille) et alioli (sauce à l'ail) : c'est la doble mixta. Les autres, considérés comme des puristes, la mangent sans alioli car elle serait ainsi plus digestive : c'est la doble picante.
Le sujet, déclare Enric González, nourrit des débats plus virulents que le football ou l'indépendance.

Je ne suis pas qualifié pour intervenir dans cette bataille d'Hernani culinaire. J'ai apprécié les patatas bravas y compris avec du chorizo cuit, en regardant le soir tomber sur les seins mordorés des jeunes filles en fleurs. Puis, de Bacardi-Cola en tinto de Rioja, j'ai aimé être vivant, avec mon amoureuse.