mardi 28 août 2018

Teresa Soto, Chutes


Résultat de recherche d'images pour "teresa soto, chutes" Grâce à la revue Recours au poème, j’ai découvert la poète espagnole Teresa Soto et ses deux recueils en édition bilingue Nœuds (Nudos) et Chutes (Caídas). Bernard Noël, préfacier de Chutes écrit : « Ainsi va-t-on de page en page vers une ouverture faite de gestes simples et de murmures. » Il s’agit en effet d’une poésie sans affiquets, suggestive dans ce qu’elle a de tendre comme dans ce qu’elle a de rugueux. Chronique à suivre bientôt dans Recours au poème.

Extraits de Chutes :

Recuento de paraísos :
llamamos las tardes frescas
para contarlas
como cabezas de ganado.
Pasan, una tras otra
en polvareda viva.

Décompter les paradis :
nous appelons les après-midi fraîches
pour les compter
comme des têtes de bétail.
Elles passent, l’une après l’autre,
poudre vive.

*

Las carreteras sustituían
las aceras.
Por ellas, paisajes
filtrados por el cristal
y un calor único.
El calor y el paisaje
todo venía a través de algo.

Les routes prenaient la place
des trottoirs.
Et par elles, paysages
filtrés à travers la vitre
et chaleur unique.
Chaleur et paysage
tout venait à travers quelque chose.

*

El pecho abierto y roto
el día claro y pálido
y yo de luto
negra entera
y mi padre también llora
por el padre del padre

y llora
y se fue
y no hay

y quiero decir que sus lágrimas
caen hilo a hilo
sus ojos son secos
como los míos
hija del hijo
hija del padre.


La poitrine ouverte et brisée
le jour clair et pâle
et moi en deuil
toute noire
et mon père lui aussi pleure
le père du père

et il pleure
et il est parti
et il n’y a plus

et je tiens à dire que ses larmes
tombent fil à fil
ses yeux sont secs
comme les miens
fille du fils
fille du père.

Chutes de Teresa Soto est publié aux éditions L’herbe qui tremble associées aux éditions incorpore. La traduction est de Meritxell Martínez et Bernard Noël. (18 €)

image incorpore.org

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