Beurnonsiot est une interjection ou un vocable à valeur interjective que j'ai beaucoup entendu en mes enfances charentaises chez les paysans qui me gardaient par les vaux et les veaux. Je le traduis par : beurk, dégueulasse, horrible, répugnant. Et l'IA, appelée en renfort, me dit que ça peut aussi signifier "zut" avec une autre orthographe : "beurnocion". Ma grand-mère l'employait souvent. Sa parladure charentaise était vraisemblablement un mixte de poitevin et de saintongeais. De fait, il n'était pas nécessaire qu'elle ait aperçu quelque charogne infâme macérant sous un fourré pour qu'elle l'utilise. L'expression avait probablement chez elle une fonction phatique, cette scansion-là, qui participe au bruissement de la langue. Donc, je ne pouvais pas toujours la contextualiser. Et j'étais d'autant plus intrigué. Porté par tous les imaginaires surgis des combes et des marais, des fumiers dans les cours où crissaient des courtilières, des poches ouateuses sous le ventre des araignées.
Une autre expression m'a longtemps tracassé : "la treu est pourchaude". La treu était évidemment la truie dont on attendait qu'elle engendrât moult porcelets qui, devenus bien rondelets, se transformeraient en pécunes. Quant à "pourchaude", sans doute faut-il deviner que son comportement, peut-être trémoussant-gigotant, la faisait pour chaude, soit disponible à la plus fructueuse des fécondités.
Voilà. Je sais pas vraiment pourquoi je raconte tout ça. C'est que vieillissant au point de perdre la tête, je retombe en enfance, comme on disait aussi sous les basses solives des cuisines fermières quand un bougre marmottait avec ses draps gris dans une chambre sans feu.
Photo : érable du Japon en convalescence sous un parasol dans notre jardin qui nous cultive nonobstant les moustiques changés en tigres.

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