Les bouilloires ne sont pas les seules à voler sous les cieux nippons. Les pénis aussi savent s'enivrer d'azurs. En 1965, la belle Sumiko reçut un long poème pour son anniversaire, intitulé Pénis et signé Shiraishi Kazuko (1931-2024). Un dieu qui n'existe pas encore et porté sur la chose autant qu'à la rigolade fait un pique-nique sous l'horizon avec un pénis gigantesque dont les graines sont abondantes. "Le pénis chaque jour a grandi à vue d'œil et maintenant il croît en plein milieu du cosmos". Puis le voilà juché sur l'épaule d'un quidam "tel le palanquin divin des jours de fête"... Ce poème fait-il partie des polémiques suscitées par les auteurs réunis dans cette anthologie ? Mishima en ses obsessions en a-t-il goûté les cocasseries ? Hum, pas sûr du tout.
Extrait :
Maintenant
Le pénis oublié là par le dieu
Vient en marchant de ce côté-ci
Il est jeune et gai
Plein d'une assurance sans artifice si bien
Qu'au contraire il ressemble à ce qui ombrage les sourires
les plus avertis
Le pénis se met à proliférer en nombre
Et innombrable paraît s'approcher pas à pas
Mais en fait il est unique marche en s'avançant
tout seul
Et de quelque horizon qu'on le regarde
Uniformément il n'a ni visage ni parole...
(Les points de suspension sont de l'auteur. Sans doute taisent-ils autant qu'ils disent mais quoi ?)

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