Pourquoi n'y a-t-il rien sur cette table plutôt qu'un verre de vin ?
Pourquoi n'y a-t-il rien sur ce mur plutôt qu'une estampe japonaise ?
Pourquoi n'y a-t-il rien dans l'étang plutôt que des canards ébouriffés ?
Pourquoi n'y a-t-il rien le long du trottoir plutôt que des herbes rebelles ?
Pourquoi n'y a-t-il rien au fond du ciel plutôt qu'un nuage ressemblant à la Mongolie ?
Pourquoi n'y a-t-il rien dans ce silence plutôt qu'une ombre murmurante ?
Pourquoi n'y a-t-il rien au bord de la Garonne plutôt que des pêcheurs de pibales ?
Pourquoi le vide plutôt que le plein ?
Pourquoi le trop vide et pourquoi le trop plein ?
Pourquoi les questions plutôt que les réponses ?
Quelque chose manque sur la table et sur le mur.
Quelque chose manque dans l'étang et le long du trottoir.
Et le ciel est bien trop grand le silence bien trop profond.
Mais ta présence est là depuis tant et tant de temps suspendu à nos souffles communs. Elle est tout. Alors le reste, même s'il est un peu quelque chose avec ses tarauds en coulisse, ses ombres remontées des mauvais puits, on lui dit d'aller se faire voir ailleurs. Ce n'est pas rien.
image : chantier enchanté de la bibliothèque René-Maran à Bordeaux-Bacalan. C'est certain, elle sera quelque chose.

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