Vivre ?? On ne sait toujours pas ce que ça est on ne sait toujours pas ce que ça dit on ne sait toujours pas ce que ça veut
on on on ça ça ça
Tournez ritournelles et manèges
Grincez pistons et engreneiges
Le on est si petit et le ça si grand
Qui n’en sait pas davantage
Et pourtant on turbine
En usine ou en officine
Et pourtant on jaspine
Puis on procrastine
On verra plus tard pour les questions
Du désir et de la volonté
Une petite voix nous dit de laisser tomber
Les pourquoi des comment du pourquoi
C’est bon pour les filousophes*
Les nœuds dans la cervelle
Épaississent le sang
Et rouillent les articulations
La vie est là simple et tranquille*
Le poète a toujours raison*
Mais le ça persiste
Déjà sous les premières nues et au fond des cavernes il configurait les ombres dans les étoiles dessinait des visages et des mains qui apprivoisaient les orages et les feux
Aujourd’hui les visages ont les yeux cernés par les pixels et les mains se retirent des caresses
Le ça courbe l’échine
Quand ça le turlupine
Et il se débine
Comme un chien battu
On l’entend geindre parmi les foules
Assignées aux plaisirs sous cellophane
On le voit rôder ruminant ses solitudes
Parmi les pas perdus
Des individus parfois s’arrêtent de marcher
Un remuement dans l’air a frissonné
Et la lumière a vu une éclaircie
Le ça est là çà et là qui ne geint plus
Les mains retrouvent un peu d’élan
Et les yeux des visages
Les dessins des cavernes s’ouvrent aux palissades
Aux chambranles vermoulus des vieilles portes
Aux hampes assoupies des lampadaires borgnes
Des lutins griffonnent sur les murs
Des baragouins cosmiques
Des lettres culbutées qui appellent à l’amour et à la révolution*
Des oiseaux bariolés des chats moqueurs
Des lunes rousses des soleils verts
Vivre ici-bas vivre là-haut dit le ça
Pour qu’éclatent de joie chaque heure et chaque jour*
Le poète a toujours raison
Viiivre !!
Dans l’ordre de succession des étoiles : Victor Hugo, Paul Verlaine, Jean Ferrat, Léo Ferré et Jacques Brel
Collage de Brigitte Giraud
Ce poème a été proposé à la revue Dissonances mais la sélection des textes anonymés est rude. Un sur 20 a franchi le cap du comité arrivé en bord de Loire en soucoupe volante. Je me réjouis que Brigitte Giraud ait réussi.

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