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Mon blog est celui d'un butineur effaré dans tous les champs du savoir. Et c'est ce même butinage qui m'a conduit à écrire des livres.

lundi 16 mars 2026

Vivre, poème à jouer et à chanter

 

 

Vivre ?? On ne sait toujours pas ce que ça est on ne sait toujours pas ce que ça dit on ne sait toujours pas ce que ça veut

on on on ça ça ça

Tournez ritournelles et manèges

Grincez pistons et engreneiges

Le on est si petit et le ça si grand

Qui n’en sait pas davantage

Et pourtant on turbine

En usine ou en officine

Et pourtant on jaspine

Puis on procrastine

On verra plus tard pour les questions

Du désir et de la volonté

Une petite voix nous dit de laisser tomber

Les pourquoi des comment du pourquoi

C’est bon pour les filousophes*

Les nœuds dans la cervelle

Épaississent le sang

Et rouillent les articulations

La vie est là simple et tranquille*

Le poète a toujours raison*

Mais le ça persiste

Déjà sous les premières nues et au fond des cavernes il configurait les ombres dans les étoiles dessinait des visages et des mains qui apprivoisaient les orages et les feux

Aujourd’hui les visages ont les yeux cernés par les pixels et les mains se retirent des caresses

Le ça courbe l’échine

Quand ça le turlupine

Et il se débine

Comme un chien battu

On l’entend geindre parmi les foules

Assignées aux plaisirs sous cellophane

On le voit rôder ruminant ses solitudes

Parmi les pas perdus

Des individus parfois s’arrêtent de marcher

Un remuement dans l’air a frissonné

Et la lumière a vu une éclaircie

Le ça est là çà et là qui ne geint plus

Les mains retrouvent un peu d’élan

Et les yeux des visages

Les dessins des cavernes s’ouvrent aux palissades

Aux chambranles vermoulus des vieilles portes

Aux hampes assoupies des lampadaires borgnes

Des lutins griffonnent sur les murs

Des baragouins cosmiques

Des lettres culbutées qui appellent à l’amour et à la révolution*

Des oiseaux bariolés des chats moqueurs

Des lunes rousses des soleils verts

Vivre ici-bas vivre là-haut dit le ça

Pour qu’éclatent de joie chaque heure et chaque jour*

Le poète a toujours raison

Viiivre !!

 

 

Dans l’ordre de succession des étoiles : Victor Hugo, Paul Verlaine, Jean Ferrat, Léo Ferré et Jacques Brel

Collage de Brigitte Giraud

Ce poème a été proposé à la revue Dissonances mais la sélection des textes anonymés est rude. Un sur 20 a franchi le cap du comité arrivé en bord de Loire en soucoupe volante. Je me réjouis que Brigitte Giraud ait réussi.  

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