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Mon blog est celui d'un butineur effaré dans tous les champs du savoir. Et c'est ce même butinage qui m'a conduit à écrire des livres.

samedi 22 août 2026

Et les extraterrestres, dans tout ça ?


Je me souviens des mots d'un enfant de huit ans. Il me dit : "Les extraterrestres, c'est presque impossible qu'ils n'existent pas." Je lui ai répondu que j'étais d'accord avec lui.

Je me souviens des mots de la sœur de ma compagne, un soir, en dégustant un bon vin : "Je crois que nous sommes seuls dans l'univers." Je lui ai répondu qu'en fait on ne peut pas savoir. 

Il serait évidemment absurde d'opposer la vision extra-planétaire d'un enfant à la vision intra-planétaire d'une personne adulte. Il est en revanche intéressant de se pencher sur la conjonction des phénomènes qui constituent une croyance. Dans le mouvement repris comme un ressac du Je-sais-que-je-ne sais-pas et du Je-ne-sais-pas-que-je-ne-sais-pas

Le Je-sais-que-je-ne-sais-pas est un puissant générateur de questions. Je sais que je ne sais pas si les extraterrestres existent mais je m'interroge. Je sais que je ne sais pas si les agencements chimiques qui permettent l'apparition du vivant sont une règle universelle mais je spécule sur des conjectures. Dans un autre domaine, qu'on peut relier au précédent, je sais que je ne sais pas comment fonctionne ce qu'on ignore encore du cerveau humain mais je me livre à toutes sortes d'hypothèses imaginaires.

Le Je-ne-sais-pas-que-je-ne-sais-pas relève, lui, de l'inconnaissable. La rationalité n'y exerce aucune prise, aucune perspective dite logique. La croyance même n'y exerce aucun repère. Est-ce à dire qu'il ne saurait sécréter aucun questionnement ? Bien sûr que non ! Tout simplement parce que tout connaissable porte en lui une part d'inconnaissable. La prescience de l'atome, par exemple, et donc de l'infiniment petit, remonte à l'Antiquité, (Parménide, Aristote...). Aujourd'hui, il n'a pas livré tous ses secrets malgré deux siècles de recherches. Les liens entre matière et énergie de la mécanique quantique détiennent encore beaucoup d'inconnaissable. La croyance a de beaux jours devant elle, qui nous constitue depuis les commencements. Michel Serres disait que nous n'en sommes encore qu'à l'aube de l'humanité. Reste à savoir si la civilisation humaine résistera à son autodestruction. Cela nous amène, au sujet des extraterrestres, à visiter le célèbre paradoxe d'Enrico Fermi, prix Nobel de physique en 1938. Il disait, notamment, que les extraterrestres ne peuvent venir jusqu'à nous parce que leur civilisation s'autodétruit avant de maîtriser les technologies nécessaires au grand voyage. 

Cette considération nous amène à penser l'autodestruction de l'humanité. L'hubris technologique des Musk and co pourra-t-elle   s'affranchir des conjonctions mystérieuses du temps et de l'espace ? La seule exploration des confins de notre système solaire prendra des siècles et des siècles. Alors, se rendre sur une exoplanète située à vingt années lumière, presque la porte d'à côté à l'échelle de l'infini, s'apparente à l'impensable. Ce n'est pas demain la veille que nous irons gratter les doigts de pied des extraterrestres, ou leurs palmes, ou leurs tentacules. Nous serons tous morts bien avant. La fin n'est pas si loin de l'aube.  

 

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